L'essor de la génomique personnelle est-il cassé?

7 janv. 2014
Alors que la NSA collecte des quantités importantes de données sur la vie privée, la société 23andme, qui propose des analyses génétiques permettant, outre de retrouver ses cousins perdus, de savoir si nous avons une prédisposition à Alzheimer ou au cancer de la prostate, a été contrainte fin décembre d'interrompre, sur injonction de la FDA, la vente de ses tests à 99$. Il est cependant peut probable que cet évènement change grand chose à l'essor de la génomique personnelle, déjà largement pratiquée.

Interdite en France, l'analyse génétique hors cadre médical est devenue accessible et simple. Des communautés se forment sur le web pour en interpréter les résultats, avec parfois des découvertes étonnantes (médicales et ethnologiques).

Aurons nous un jour un analyseur PCR à côté de notre imprimante 3D? Je ne sais pas. Mais je m'interroge sur la légitimité des Etats à disposer de notre corps et, en l'occurrence, d'autoriser ou d'interdire la connaissance de notre propre génome.

En 1679, la loi "Habeas Corpus" est édictée et c'est une très grande innovation dans le domaine des libertés fondamentales. "Habeas Corpus" veut dire "Tu es le propriétaire de ton corps". Initialement destinée à interdire l'emprisonnement sans jugement par la puissance de l'Etat, cette loi devrait être remise au goût du jour. La génomique personnelle n'est-elle pas justement personnelle? Et qui peut et de quel droit s'arroger la possession de cette séquence, qui n'est rien moins que notre corps lui-même ou tout du moins son code source.

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