Management: 5 conseils pour éviter de perdre connaissance

16 mai 2014
N'y allons pas par quatre chemins: 80% de la valeur d'une entreprise sont constitués de ses biens immatériels et, au premier rang, de ses savoirs, de son référentiel métier. C'est d'autant plus vrai à l'heure où l'on échange des données, et où peut être les futurs industriels auront des App Store où les clients viendront acheter des modèles qu'ils imprimeront en 3D chez eux ou à l'autre bout du monde.
Alors, pourquoi perdons-nous connaissance. Il y a à cela plusieurs raisons plus ou moins raisonnables:
  • Contrairement à un objet, un savoir ne se pose pas sur une table. Et nous avons tendance à oublier ce que nous ne voyons pas;
  • Les jeunes générations sont des voyageurs, de stages en CDD ils s'investissent dans de merveilleux projets, en en laissant le résultat, mais pas le mode opératoire;
  • Les "séniors" qui se sont formés à grands coups de grands projets financièrement bien dotés s'en vont. Les moins raisonnables des entreprises vont jusqu'à les sortir de la retraite pour leur demander de résoudre un nouveau problème qui en fait était sûrement ancien;
  • L'accélération des cycles de développement, qui pousse moins documenter les connaissances, et notamment ces fameux à-côté, ces savoirs annexes qui sont pourtant vitaux pour l'entreprise. Les procès verbaux, les notes techniques, les fiches d'étonnement et autres bonnes pratiques sont des choses aussi indispensables que non pratiquées.
Pour mon entreprise, je gère mon référentiel métier de manière informatique, avec une solution très peu coûteuse.
  1. Le passé par les robots: il est inutile d'envisager de faire retaper des kilomètres de données aux collaborateurs qui sont à fond sur l'actuel. Seuls, des robots analysant les messy data (données non structurées) du passé peuvent remplir le référentiel métier.   En s'y attelant et en découvrant l'univers merveilleux, mais abscons des expressions régulières, on arrive à des miracles.
  2. Le présent par le wiki: Il existe des solutions variées de management de la connaissance. Mais soyons sérieux, la seule approche vraiment validée à grande échelle, collaborative, tracée, à jour, sûre et pas franchement jolie, c'est le wiki. Cela nécessite un temps d'adaptation et, comme tout y est permis, une vraie stratégie de construction de son référentiel métier ainsi que des plug-ins qui correspondent à une représentation de vos savoirs adaptée à votre métier;
  3. Le futur par la créativité: Les connaissances de demain relèvent de l'incertain. Non seulement nous ne savons pas en prédire la forme, mais en plus cela est impossible à prédire, quel que soit l'argent qu'on y mettrait. Il s'agit donc de mettre en place une chose qui dure, elle ne peut donc pas être reliée à une entreprise, un brevet. Elle ne peut être qu'une chose très basique et universelle, une syntaxe claire, rien de plus que de l'UTF-8/XML. Comme les données y sont stockées de manière simple, c'est la structure qui doit être adaptable à l'incertain futur, ce que fait très bien le wiki markup.
  4. Ce qui est à moi est à moi, seul le reste est négociable: Il est nécessaire de tracer si une connaissance vient d'un spécialiste ou d'un non-spécialiste, si quelqu'un l'a validée ou contestée, quand, où...Un savoir est souvent collectif. De la même manière qu'il est impossible de conseiller un voyage sans connaître le caractère d'une personne, le savoir n'est pas indépendant de celui qui le produit. L'attribution du savoir est clef, non seulement comme cela est souvent dit pour la propriété intellectuelle, mais aussi et surtout pour en mesurer la qualité.
  5. La valeur de la connaissance: Évidemment, tout cela vaut de l'argent. Cette connaissance dynamique, essentiellement non brevetable, doit être signée et datée. Plutôt que de chercher des solutions rafinées, coûteuse et dont la technologie peut bugger (voir heartbleed, le très gros bug du SSL du mois dernier), il vaut bien mieux rester simple. Pourquoi ne pas utiliser la méthode des preneurs d'otage, qui prennent leur victime en photo avec le journal du jour. Rien ne vous empêche de tirer chaque jour un hash (SHA-512 ou plus) de votre base de données, et de le publier sur un blog. Ou mieux, lui adjoindre la météo du jour, ou la photo du journal. Si vous voulez vraiment être rassuré (dans la mesure où vous faites confiance au climat des affaires puisque toute entreprise peut faire faillite et ne plus pouvoir vérifier vos données), vous pouvez faire certifier ce hash par un autorité de certification.

Avec ces simples conseils, vous éviterez sans doute la perte de connaissance. Si vous souhaitez plus d'information sur la mise en oeuvre pratique, laissez-moi un message ici

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